La Maison de Bernarda Alba, un huis clos familial somptueux

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Le metteur en scène Thibaud Croisy s’empare de La Maison de Bernarda Alba, chef-d’œuvre de Federico García Lorca (1898-1936), au Théâtre de Gennevilliers. Une plongée dans l’Espagne des années 30, où les femmes vivent à l’écart des hommes, mais sous leur emprise constante .

Un monde sans hommes, en apparence seulement. Bernarda vient de perdre son mari. Elle règne à présent sur ses cinq filles, cloîtrées depuis des années dans la maison familiale, soumises à une discipline implacable. Il suffira pourtant d’un mariage d’argent pour fissurer cette tradition. Les tensions montent, les désirs explosent et les rivalités aussi. Tout peut vaciller.

Présentée au Théâtre de Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine, la pièce frappe par sa distribution exclusivement féminine, rare au théâtre. La scénographie, d’une grande sobriété, installe un huis clos, avec quelques chaises en bois, une forêt de colonnes transparentes, et le son des cloches. Les lumières jouent au rythmes des comédiennes, quelque chose va mal se finir. En costumes d’époque, les comédiennes sont brillantes. Leurs personnages, (a)vides d’amour et de liberté, se heurtent et se bat contre leur condition. Les hommes, absents de la scène, n’en sont pas moins rêvés, fantasmés, désirés, redoutés. Le futur mari «Pepe», hors champ, crée toutes les tensions, les jalousies et les frustrations. « Ne parlez pas de folie. C’est un mot qu’on ne doit pas prononcer. » Dans cet univers clos, Thibaud Croisy explore les mécanismes de l’enfermement, du désir et de la violence. Une mise en scène brillante et des comédiennes somptueuses.

La Maison de Bernarda Alba de Thibaud Croisy, du 09 au 17 avril 2026 au T2G Théâtre de Gennevilliers. Durée : 1h45