« Parfum, sculpture de l’invisible » : Francis Kurkdjian, l’art de sentir autrement

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Au Palais de Tokyo, la Maison Francis Kurkdjian célèbre trente ans de création. L’exposition « Parfum, sculpture de l’invisible » transforme le parfum en matière à penser, à toucher, à respirer. Une traversée sensorielle où l’art se vit par le nez autant que par le regard.

Le reste se vit plus qu’il ne se regarde. On avance entre des espaces où l’air change, où l’on sent sans savoir exactement ce que c’est. Par moments, un parfum s’échappe, se superpose à un son ou à une image. On reçoit à l’entrée un petit carnet pour y glisser des touches parfumées : un geste simple, presque enfantin, qui donne à la visite un rythme personnel. Kurkdjian ne cherche pas à impressionner. Il invite à ralentir, à faire attention à ce qui passe et s’efface. Dans la dernière salle, des chocolats créés avec Anne-Sophie Pic diffusent leur arôme en même temps que les parfums du créateur. Le goût rejoint l’odeur, sans démonstration, juste pour le plaisir du lien.

En sortant, il reste quelque chose d’indéfinissable. Ce n’est pas un souvenir précis, ni une note identifiable. Plutôt une sensation : celle d’avoir été remis à sa place de corps vivant, sensible, présent au monde.
« Parfum, sculpture de l’invisible » parle de ça — de ce qu’on ne voit pas, mais qu’on garde malgré soi.