Robert Redford s’est éteint le 16 septembre 2025, à 89 ans, dans sa maison de Sundance, dans l’Utah. Avec lui disparaît bien plus qu’un acteur : un certain idéal du cinéma américain, à la fois romantique, conscient et profondément humain.
Depuis Butch Cassidy and the Sundance Kid (1969) jusqu’à Out of Africa, en passant par Les Trois Jours du Condor ou L’Arnaque, Redford a traversé les décennies sans jamais se départir de cette élégance tranquille qui faisait sa force. Derrière le sourire du “golden boy” se cachait une mélancolie, une forme de distance avec le mythe américain qu’il incarnait pourtant si bien.

Réalisateur inspiré, il signe en 1980 Des gens comme les autres, drame subtil sur le deuil et la culpabilité, récompensé par l’Oscar. Un an plus tard, il fonde le Sundance Institute, devenu le cœur battant du cinéma indépendant américain. Là encore, l’homme préférait l’ombre à la lumière : transmettre plutôt que briller.
“J’ai très peu d’estime pour les cyniques. C’est, je crois, le début de la mort.” disait-il un jour.
Une manière de rappeler que, pour lui, le cynisme était une forme de renoncement : quand on cesse d’y croire, on cesse de créer. Tout Redford est là : la clarté d’un regard, la simplicité d’une morale. Il aura filmé et incarné l’Amérique sans jamais se réfugier dans le désenchantement, conscient de ses ombres mais fidèle à ses idéaux. Né à Santa Monica en 1936, Robert Redford n’a jamais cessé d’interroger la frontière entre mythe et vérité. Derrière l’icône, il y avait un homme de conviction, attentif à l’environnement, au travail des jeunes auteurs, aux voix étouffées par le système. À travers Sundance, il offrait un espace de liberté à ceux que Hollywood ignorait — comme un écho à sa propre réserve.
On ne reverra plus son regard clair, mais il restera cette idée qu’on pouvait être célèbre sans jamais cesser d’être sincère.


