Entre faux-semblants et tensions domestiques, La Femme de ménage, adaptation du roman à succès de Freida McFadden, s’annonce comme le thriller psychologique de Noël. Paul Feig délaisse la comédie pour plonger dans un huis clos aussi élégant qu’empoisonné.
Le roman de Freida McFadden s’ouvre sur une promesse de confort : une maison impeccable, un couple modèle, une employée discrète. Très vite, le lecteur comprend que quelque chose cloche. Dans son adaptation prévue pour le 24 décembre, Paul Feig reprend cette mécanique du faux calme et la transpose dans un univers à la fois raffiné et inquiétant.
C’est dans ce décor feutré que prend place Millie, interprétée par Sydney Sweeney, jeune femme sans attaches qui accepte un poste de domestique chez un couple fortuné, incarné par Amanda Seyfried et Brandon Sklenar. Le teaser, dévoilé mi-septembre, installe une tension sourde : lumière blanche, intérieurs trop bien rangés, sourires figés. Sous la surface policée, la perfection menace de se fissurer.
Dans le roman, tout repose sur la voix intérieure de Millie : ses doutes, ses colères contenues, son besoin de reconnaissance. Le défi du film consiste à traduire cette complexité sans narration interne. Feig, plus habitué aux registres comiques, joue ici une carte audacieuse : celle du silence et de la distance.
Si Sweeney parvient à rendre ce trouble sans mots, La Femme de ménage pourrait dépasser le simple cadre du thriller pour se muer en miroir de nos hypocrisies sociales — cette obsession de la perfection qui finit par étouffer celles et ceux qui nettoient derrière nous.
Reste à savoir si, sous le sapin, le film tiendra ses promesses. Une chose est sûre : cette année, le cadeau de Noël aura sans doute un goût de suspense… et de poussière.



