Sorti le 14 janvier en France, le film Greenland 2 : Migration, de Ric Roman Waugh est une réponse parfaite à l’actualité. Ce qui d’ordinaire, aurait été un scénario catastrophe comme tant d’autres, résonne aujourd’hui comme un écho venant du chaos.
« Demain vous appartient, à vous tous. Bon voyage, en toute sécurité ». C’est à se demander quand l’idée a germé dans l’esprit de Rick Roman Waugh. La suite du film Greenland : Dernier refuge (2020) interpelle, non pas par son originalité, mais par son dialogue frappant avec l’actualité.
Début janvier, Donald Trump s’est montré menaçant envers le territoire Arctique du Groenland. Prêt à « employer la force » pour mettre la main sur l’île, il a également remis en question les accords de l’OTAN, car elle est sous souveraineté danoise. Alors, lorsque la sortie du film est annoncée, on ne peut s’empêcher d’y penser. Et de comparer.
Après le passage de la comète Clark, la Terre devient inhabitable : radioactivité, tempêtes magnétiques, pluies de déchets cosmiques. La famille Garrity, en sécurité dans le bunker du Groenland, apprend à s’adapter. Jusqu’à la destruction du « Dernier refuge ». Débute alors la « Migration ». En quête d’un endroit meilleur pour le fils Nathan, de la « terre promise ». Qu’ils ne cherchent pas dans des Amériques détruites mais auprès des Européens, qui pourraient leur offrir cet avenir.
« À choisir entre les États-Unis et le Danemark, je choisis le Danemark », scandent les Groenlandais qui sont prêts à renoncer à leur souveraineté face à Donald Trump. Dans la même veine, la famille fictionnelle débarque dans une Angleterre où règne le désordre. Contrôle à la frontière, départ vers la France. Un peu clichée il faut le dire. Denis Laurent, son accent franchouillard et son béret fixé sur la tête, est probablement le Français le plus accueillant envers les migrants.
Il explique que, malgré la fin du monde, les grandes puissances parviennent à se faire la guerre pour des ressources, pas minières cette fois. Finalement, après 1h39 – assez court pour le souligner, pour un thriller à suspens américain – le film a dépeint le monde d’aujourd’hui. Entre changement climatique provoquant des catastrophes, politiques anti-immigration et guerres absurdes entre puissances, rien n’est laissé de côté.
On pourrait questionner le genre de l’œuvre, se demander si ce n’est pas un documentaire un peu imagé. Et on le fait en ressortant de la salle sonnés par le réalisme des thématiques abordées. Dans la dystopie, le fait est que l’on retrouve toujours une critique du monde qui nous entoure. Dans Greenland 2 : Migration, on se rend compte que la réalité a dépassé la fiction, en perdant même au passage le semblant d’humanité dont font preuve certains personnages.


