« Dom Perignon Crying » : le nouvel album de Josman

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Josman revient avec son nouvel et quatrième album, Dom Perignon Crying. Après sa dernière mixtape, J.000 $, sortie en 2023, le rappeur entend bien provoquer un véritable raz de marée. Gardant les thèmes qui lui sont chers : luttes sociales, argent et sentiment, l’eau et la rage n’ont pas fini de couler.

« L’eau n’a pas fini de couler j’ai toujours la haine comme épouse » (L’EAU –  Part. II)

Comme à son habitude, Josman noue des liens entre ses anciens titres et les nouveaux.  L’EAU Part.II  fait directement écho à l’interlude L’eau, de son album M.A.N (Black Roses & Losts Feelings) sorti en 2022. Manière de tracer une ligne de vie à travers ses oeuvres, où reviennent inlassablement ses sujets de prédilection : l’amour, la haine et la lutte sociale.

« Resto 5 étoiles mais j’ai toujours la dalle » (FUCKED UP V)

Dans les 13 titres composant Dom Perignon Crying, l’argent revient toujours comme préoccupation principale, non pas pour les strass et la gloire, mais comme moyen de survie pour échapper à la précarité. La dualité entre le luxe apparent et la faim persistante illustre la tension intérieure du rappeur entre réussite et rage de ceux qui reviennent de loin. Pour l’artiste issu de Vierzon, ayant fait ses débuts dans les studios d’enregistrements d’Aubervilliers la haine revient comme leitmotiv : « J’ai faim comme un carnassier vorace » (Nerveux). 

« J’pédale comme Sankara, j’les mets dans l’embarras, j’fais couler le mascara » (FUCKED UP V)

Fucked Up V, est sans doute un titre que les auditeurs de J.O.S attendent dans chaque nouveaux projets de l’artiste. Ici, le titre signe son cinquième volet et s’ouvre sur une citation de Thomas Sankara, ancien président et figure révolutionnaire du Burkina Faso: « Je suis comme un cycliste qui grimpe une pente raide, qui a à gauche et à droite des précipices. Il est obligé de pédaler, de continuer de pédaler, sinon il tombe. » , témoignant de la conscience politique du rappeur. 

« Dom Perignon Crying y’a des p’tites bulles dans mes larmes » (Dom Perignon Crying)

Alors que certains morceaux tels que Sloppy Toppy, en feat avec Hamza ou encore AF Platinium laissent transparaitre la vulnérabilité du rappeur, nous changeons de registre avec des titres comme Tendu, sans doute le plus revendicatif de l’album. Entre stigmate du passé colonial : « Ça dit quoi ? Rien d’bien folichon. Rien a changé depuis l’abolition. », dénonciation: « Martin Luther King, cette nuit j’ai fait un putain de rêve en noir. 12 putains d’millions de fils de putain dans l’isoloir. » en référence aux 12 millions de français ayant voté pour le RN lors des dernières élections. Les paroles de Tendu expriment une rage politique contre la banalisation du racisme dans le débat public. En dénonçant aussi les médias comme CNEWS, BFM ou TPMP, il pointe leur rôle dans cette normalisation. Toujours en équilibre entre introspection et provocation, Josman reste insaisissable. Il refuse les tendances :« J’reste avec les miens, j’suis pas trop friendly » ( Panorama) et se réinvente à chaque projet.

De 50 Cent à Booba, en passant par Alicia Keys, et Francis Cabrel :« Dans le ciel , la lune et les étoiles entre elles ne parlent que de toi » (Tendu), l’artiste puise sans frontières. Dom Perignon Crying en est la preuve : un mélange unique où les larmes ont un goût de luxe: « Dom Perignon Crying y’a des p’tites bulles dans mes larmes » (Dom Perignon Crying). 

©Josman