Avec « L’Intérêt d’Adam », Laura Wandel signe un huis clos glaçant au cœur de l’hôpital

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Présenté en ouverture de la Semaine de la Critique lors de la 78e édition du Festival de Cannes, L’Intérêt d’Adam est sorti en salle le 17 septembre 2025.

Après son premier film Un monde (2021), portrait glaçant du harcèlement scolaire, Laura Wandel poursuit ses réflexions sociales cette fois dans l’univers hospitalier. Le film suit l’histoire Adam, un garçon de quatre ans hospitalisé pour malnutrition, suite à une décision de justice. Le long-métrage se concentre sur le personnage de Lucy, l’infirmière en chef incarnée par Léa Drucker. Celle-ci décide rapidement de transgresser les règles, permettant à la mère de rester auprès de son fils, malgré les horaires fixés. Peu à peu, la frontière entre professionnalisme et instinct maternel se brouille…

Léa Drucker, sobre et juste, déjà remarquée dans L’Été dernier de Catherine Breillat, trouve ici un rôle à sa mesure. Face à elle, Anamaria Vartolomeï, révélée dans Mickey 17 (2025), impressionne en mère obstinée et butée, dont la dureté va de pair avec un amour absolu, presque toxique. Ces deux actrices magistrales portent avec brio l’intrigue de Laura Wandel.

Entre devoir et humanité

En seulement 1h13, le film captive par sa puissance sans jamais ralentir. Dès les premières secondes, le public est plongé au cœur de ce huis clos hospitalier, filmé en temps réel, et sans musique. Machines, perfusions, badges, portes, murs blancs : tout est là pour dépeindre une ambiance de routine hospitalière à la fois répétitive et déshumanisante. La caméra à l’épaule, n’est pas sans rappeler Rosetta (1999) des frères Dardenne, une inspiration notable pour la réalisatrice. Au‑delà du drame, L’Intérêt d’Adam explore la fragilité de la limite entre devoir professionnel et instinct humain. Un film dont on ne sort pas indemne.

À voir actuellement au cinéma.