Avec « Industry plant », Miki fait germer son succès

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Sorti le 3 octobre 2025, le premier album de Miki est une réussite. Intitulé Industry plant, c’est la meilleure réponse musicale que la jeune chanteuse franco-coréenne pouvait offrir à ses détracteurs.

Quelques mois plus tôt, l’EP Graou avait déjà révélé une artiste difficile à classer : une pop hybride, des textes directs, une voix oscillant entre chant et parole. Grand succès sur TikTok, le titre « Échec et mat » avait notamment propulsé Miki sur le devant de la scène, autant qu’il avait alimenté les critiques haineuses. D’où le nom de ce nouvel album, qui sonne comme une revanche.

Le clip de « échec et mat » posté le 16 juillet 2024 sur la chaîne YouTube de Miki.

Conçu en trois mois avec ses producteurs Tristan Salvati, Canblaster et LUCASV, l’album condense audace et sincérité. Miki y explore la pop en mélangeant voix modifiées, boucles obsédantes et mélodies presque joueuses. Dès les premières notes de « ça pik un peu quand même », sorti quelques jours avant l’album, le ton est donné. Sous ses airs entraînants, la chanson raconte une déception amoureuse. Le rythme léger contraste avec les paroles qui expriment regrets et douleur latente. Cette dualité irrigue tout le disque, avec une honnêteté frontale, presque désarmante. Miki n’a pas peur d’assumer que les commentaires virulents en ligne, « Yes, bien sûr que ça [la] blesse ». Ni de revendiquer son féminisme dans « poly-pocket ». Elle s’aventure même sur un terrain qui pourrait être glissant dans  « rogger rabbit », un morceau qui dérange par ses sous-entendus explicites à la pédocriminalité balancés dans un ton presque enfantin. C’est sa force et sa singularité : démonter les tabous avec banalité et musicalité.

Le clip de « roger rabbit » posté le 10 septembre sur la chaîne YouTube de Miki.

Mêlés à ces titres percutants, d’autres morceaux révèlent une Miki plus douce. « aphexion » ou « particule»  laissent percevoir sa vulnérabilité. Sa voix s’y pose avec délicatesse, comme une respiration après la tension. Même les chansons plus discrètes de l’album, comme « hana one », témoignent de la polyvalence de Miki et confirment sa capacité à faire affleurer l’émotion. À l’écoute de Industry Plant, on comprend vite que Miki n’a rien d’un produit manufacturé. Son album respire la liberté, l’instinct, parfois même l’imperfection autant que la justesse. Derrière l’ironie du titre, il y a une déclaration d’indépendance : celle d’une artiste qui se construit sans se justifier. Ce premier album est une réussite marquée par l’identité de cette chanteuse « un peu ping-pong ding-dong », qu’on ne souhaite que découvrir davantage.