« Alice in Borderland » tire sa dernière carte : un coup fatal pour la série

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Dans cette ultime saison, la série japonaise emblématique rend les armes. Toujours spectaculaire mais dénuée de souffle, Alice in Borderland clôt son aventure dans une beauté froide, sans retrouver la magie de ses débuts.

Adaptée du manga culte de Haro Aso et réalisée par Shinsuke Sato, la série nous plonge dans une Tokyo parallèle et déserte, où Arisu (Kento Yamazaki) et Usagi (Tao Tsuchiya) sont contraints de participer à des jeux aussi violents que mortels. Véritable réflexion sur la survie, la morale et la nature humaine, Alice in Borderland s’est imposée comme l’un des plus grands succès japonais de Netflix depuis la sortie de sa première saison en décembre 2020.

Bande-annonce de la saison 3 d’Alice in Borderland

Cette saison finale, mise en ligne le 25 septembre 2025, devait conclure l’épopée avec éclat. Après trois ans d’attente — et l’ombre écrasante du phénomène Squid Game — les attentes étaient démesurées. Hélas, la promesse n’est qu’à moitié tenue.

Certes, la réalisation reste spectaculaire : esthétique léchée, effets visuels maîtrisés et mise en scène dynamique. Pourtant, l’intrigue s’essouffle, victime d’un scénario qui peine à se renouveler depuis la fin du manga original. Là où les deux premières saisons brillaient par leur tension et leur complexité psychologique, la troisième paraît plus linéaire et moins inspirée, comme si la série se débattait pour justifier son existence après une conclusion déjà satisfaisante en saison 2.

Le rythme, très soutenu, laisse peu de place à l’émotion. Les personnages peinent à évoluer, et même la relation centrale entre Arisu et Usagi souffre d’un manque de profondeur. Cinq ans après les événements précédents, nos héros demeurent prisonniers d’eux-mêmes, de leur amnésie et d’une écriture qui ne leur rend pas justice.

Sans spoiler, la série cède à une fin redondante, ouverte de manière artificielle sur une possible extension du récit vers les États-Unis — un clin d’œil qui rappelle étrangement Squid Game 3. Ce choix, plus opportuniste que narratif, brise le charme de la conclusion que beaucoup espéraient plus intime et philosophique.

Image finale de la saison 3 d’Alice in Borderland

En voulant prolonger une œuvre déjà achevée, Alice in Borderland perd ce qui faisait sa force : l’équilibre entre mystère, tension et humanité.
La forme reste belle, mais le fond s’affaiblit.

Brillante dans son esthétique, cette saison finale questionne moins le monde qu’elle ne s’y perd, laissant un goût d’inachevé après trois ans d’attente.