S’il est clair que les frères Young portent dans l’imaginaire collectif le phénomène musical qu’a été – et restera – le groupe de hard rock AC/DC, il serait présomptueux de n’attribuer ce succès qu’à ses deux membres fondateurs. Nombre d’événements, d’additions et de soustractions à la formation initiale nous l’ont d’ailleurs prouvé par bien de fois.
1973. Malcolm Young (guitare rythmique) et son petit frère Angus (guitare soliste) se lancent dans un projet qui deviendra l’aventure de leur vie : ils montent le groupe de hard rock AC/DC, aux côtés de Dave Evans (chant, remplacé dès l’année suivante par Bon Scott), de Larry Van Kriedt (basse) et de Colin Burgess (batterie). Après quelques concerts donnés chez eux en Australie, un premier album enregistré et l’arrivée permanente de Phil Rudd à la batterie et de Mark Evans à la basse, ils s’imposent sur la scène internationale en assurant la première partie de groupes tels qu’aerosmith ou Kiss. C’est alors qu’apparaissent leurs tubes les plus populaires aujourd’hui, leurs incontournables : T.N.T., Let There Be Rock, The Jack… que de riffs qui déjà, trottent dans les têtes.

1980. AC/DC commence à devenir un phénomène mondial : Amérique du Nord, Europe, Australie… que de tournées au succès monstre, supportées par la sortie de leur album Highway to Hell en 1979. Mais le drame clame la fièvre grandissante : Bon Scott termine une soirée londonienne ivre mort, dont il ne se réveillera jamais. Si sa disparition a poussé plus d’un fan à la crise d’angoisse, il sera rapidement remplacé (mais jamais oublié) par le talentueux Brian Johnson, qui participera de poursuivre l’ascension du groupe, toujours plus haut, notamment grâce aux albums qui deviendront les plus incontournables : Back in Black ( le deuxième album le plus vendu au monde en 2010, après Thriller de Michael Jackson), For Those About to Rock (We Salute You), ou notre favori, le moins apprécié par la critique à notre grand désarroi : Fly On the Wall.

2016. Un grand saut dans le temps non sans déclins commerciaux et reprises du business successifs et d’albums enregistrés et commercialisés, pour arriver à notre ère davantage contemporaine. Brian Johnson est interdit de monter sur scène (son ouïe ayant été fragilisée par une virée en Formule 1 sans bouchons d’oreilles) pour la tournée mondiale annoncée quelques mois auparavant. C’est Axl Rose, chanteur du groupe de rock Guns N’ Roses, qui est monté sur scène à sa place pourtant d’apparence si difficile à endosser. Sa capacité à chanter dans les aigus et à imiter les vibratos de fins de phrases si caractéristiques de Brian aura fait l’affaire le temps de la tournée, sans pour autant pleinement satisfaire leurs fans : “Axl Rose en concert c’est sympa, mais si j’avais voulu voir les Guns, j’aurais pris un billet pour les Guns” nous a confié Jérôme, un fan des premières heures.

2017. Malcolm Young, dont la maladie neuro-dégénérative associée à de la démence aura été connue du grand public depuis 2014, succombe, 24 jours seulement après le décès de son grand frère George. Coup dur pour Angus qui mettra du temps à se relever de la disparition de ses deux aînés. Mais le temps aura confirmé que AC/DC n’est pas en voie de disparition pour autant. On l’aura d’ailleurs remarqué lors de leur tournée 2025 à l’une de leurs deux dates au Stade de France : c’est le neveu Young, Stevie, qui a repris – avec brio – la guitare de tonton. Et si aujourd’hui, les septuagénaires s’essoufflent rapidement, le plaisir ne diminue jamais en suivant du regard Angus faire ses solos endiablés (jusqu’à 25 minutes LE solo) sur son éternel duck walk.



