On ne présente plus l’homme qui refuse toute forme de censure, tout prix Nobel de Littérature… porteur de l’existentialisme, Jean-Paul Sartre ne cesse d’être une figure toujours pertinente. La rédaction présente ses coups de cœur.
L’existentialisme est un humanisme
Pour comprendre rapidement la pensée philosophique de Sartre, rien de mieux que de se plonger dans la lecture de L’existentialisme est un humanisme. Retranscription d’une conférence donnée par l’auteur en 1945, l’ouvrage a pour but de défendre l’existentialisme, ce courant de pensée qui considère l’individu comme le seul maître de ses actes et de son destin. Alors que les questions d’identité, de responsabilité individuelle ou d’éthique de l’action sont au cœur des réflexions actuelles, il est grand temps de (re)découvrir ce classique !

L’existentialisme est un humanisme, Folio essais, 1996, 120 p.
Huis clos
Ces notions d’éthique et de responsabilité individuelle s’imposent dans toute l’œuvre sartrienne, et sont au centre de la pièce la plus célèbre de l’auteur : Huis clos. Publiée en 1945, cette pièce n’a de cesse d’être jouée et rejouée, tant elle peut raisonner avec l’actualité. Le pitch : Garcin, Estelle et Inès se retrouvent en enfer après leur mort. Ils deviennent à la fois juge et partie pour les actes cruels qu’il et elles ont commis. L’enfer devient alors intérieur à chaque personnage, dépendant du regard d’autrui. D’où la phrase la plus connue de Jean-Paul Sartre : « L’enfer, c’est les autres ». Une punchline d’ailleurs souvent « mal comprise » selon l’auteur. Il est donc toujours temps d’aller (re)voir de plus près la portée philosophique de son raisonnement !

Huis clos, Folio Théâtre, 1945, Gallimard, 2019, 192 p.
Les Mains Sales
Pouvoir, morale, engagement politique, responsabilité individuelle, tant de thèmes que traitait Jean-Paul Sartre avec Les Mains sales en 1948 qui sont toujours profondément actuels. Il est temps de relire ou découvrir ce classique aux mots crus et impactant. Dans la pièce, le personnage d’Hugo est chargé d’assassiner Hoederer, un dirigeant politique de son propre camp, au nom de la pureté idéologique. Dans une idéologie existentialiste, l’auteur rappelle que « agir, c’est se salir les mains », toute tentative de changer le monde implique un affrontement avec la réalité et ses contradictions. Un dilemme qui traverse encore notre époque avec des luttes politiques et des mouvements militants souvent partagés entre radicalité et pragmatisme.

Les mains sales, Folio, Édition 1972, 245 p.
Les Mots, miroir de l’écriture
Il fait partie de ces livres méta, inclassables, et ô combien précieux de la littérature française. Ici, Jean-Paul Sartre adresse, avec ce qu’il sait faire de mieux, ses adieux à la littérature. Publié en 1964, l’année où l’auteur reçoit le prix Nobel de Littérature – qu’il refuse – Les Mots, est un récit à la fois rétrospectif et philosophique. Sans doute l’un de ses ouvrages les plus intimes, Jean-Paul Sartre s’y livre sur sa vie, ses découvertes et son enfance, gardant comme éternel fil rouge, sa relation à la littérature. Il analyse son rapport aux mots, au langage avec la première partie de l’ouvrage Lire, puis son éveil à la liberté par sa seconde partie, Écrire. Véritable hommage à la littérature, ce roman autobiographique, presque essai, fonde les bases d’une autopsie de la vocation d’écrivain. Mise en abîme de la littérature, Sartre se livre à un exercice dont de nombreux écrivains s’y sont prêtés également : Stephen King, Marguerite Duras, Annie Ernaux… L’écriture est un vaste sujet d’inspiration pour écrire.

Les Mots, Folio, Édition 1972, 224 p.
Le Mur
Moins connu que ses autres œuvres littéraires, mais tout aussi majeur dans son œuvre globale, Le Mur est le seul recueil de nouvelles de Sartre. Au travers de cinq récits, il explore des thèmes aussi variés que la mort, la folie, la quête de l’identité et l’absurdité de l’existence. Les personnages semblent se confondre avec les cobayes d’une expérience psychologique dans laquelle Sartre cherche à s’immiscer dans les tréfonds de l’esprit humain. Naturellement, les réflexions du recueil rejoignent donc celles des écrits philosophiques de l’auteur : de quoi découvrir le fond de sa pensée avec un texte encore plus accessible et divertissant.

Le Mur, Folio, Édition 1972, 256 p.


