Avec l’exposition photo Saint-Pierre Circus, notre regard sur le patrimoine se réinvente en mêlant histoire, création artistique et engagement communautaire.
Pour cette 22ᵉ édition des Photaumnales, mémoire, architecture et identité s’entrelacent autour du thème « Habiter ». Villages, musées, espaces publics… La photographie s’invite partout dans la région des Hauts-de-France. À Beauvais trois expositions mettent en avant la cathédrale Saint-Pierre. Classée Monument historique dès 1840, ce chef-d’œuvre gothique n’a cessé d’inspirer les photographes depuis le XIXᵉ siècle.

L’exposition Saint-Pierre Circus, à la Galerie Associative, propose une approche originale : six groupes de beauvesien ont imaginé des costumes en carton et posé devant l’objectif sur fond blanc. Autour de la cathédrale, l’exposition retrace son histoire à travers des clichés anciens et contemporains : Henri Le Secq immortalise le portail et la rose du transept nord dès 1851, plus tard, Roger Henrard en propose une vision aérienne. Sur les remparts Combles, de Thomas Jorion s’attarde sur les entrailles du monument et révèle les charpentes, escaliers et passerelles souvent invisibles au regard. Une plongée dans l’intimité du bâtiment, mais aussi dans celles de 87 autres cathédrales.
La cathédrale réinventée par ses habitants
Saint-Pierre Circus de Gil Lefauconnier est la seule des trois expositions à n’être visible que jusqu’au 8 novembre. La première salle de l’exposition montre le making of avec un film et les accessoires réalisés ; la seconde dévoile les photographies en grand format et des boîtes dans lesquelles ont peut entrevoir par un trou les maquettes qui ont servi de décors.

Pour créer ses photographies, Gil L. à d’abord fabriqué des maquettes en carton recyclé. Puis quand les groupes se sont présentés tour à tour à lui, il a dû improviser. « Pour une des scènes j’avais imaginé des architectes et j’ai eu un groupe d’enfants qui préférait créer des costumes de princesses. » Mais ce décalage donne encore plus de fantaisie aux photographies finales qui oscillent entre mémoire et futur de la cathédrale.

Au total, une centaine de personnes ont pris part à l’aventure. Une expérience à la fois artistique et sociale, qui rappelle les mots de Donald Winnicott : « C’est en jouant, et seulement quand il joue, que l’enfant est libre de se sentir créatif. » . C’est aussi le cas pour Gil Lefauconnier et tous ses collaborateurs.


