Bad Bunny a été choisi par la National Football League (NFL) pour assurer le spectacle de la mi-temps du Super Bowl, le 8 février 2026, un choix aussi audacieux que controversé.
Bad Bunny, de son vrai nom Benito Antonio Martínez Ocasio, a sorti le 5 janvier 2025 son sixième album DeBÍ TiRAR MáS FOToS (J’aurais dû prendre plus de photos). Véritable lettre d’amour à Porto Rico, son île natale rattachée aux États-Unis, l’album mêle rythmes de reggaeton et sonorités de la musique traditionnelle portoricaine — salsa, bomba, plena — pour créer un mélange à la fois dansant, nostalgique et profondément engagé.

Propulsée par TikTok, la chanson « DtMF », dans laquelle Benito se livre avec mélancolie sur le sentiment de regret et de manque envers son île, a dépassé les 200 millions d’écoutes en seulement 19 jours, devenant la chanson latine à atteindre ce cap le plus rapidement de l’histoire.
Mais DeBÍ TiRAR MáS FOToS est aussi un cripolitique, un chant de résistance. Bad Bunny y dénonce la précarité, le chômage et l’émigration qui fragilisent Porto Rico.
LO QUE LE PASÓ A HAWAii
Dans le morceau « LO QUE LE PASÓ A HAWAii », il alerte sur la gentrification de l’île caribéenne, en la comparant à la situation à Hawaï. Il y évoque notamment l’arrivée massive d’investisseurs américains qui s’approprient les plages portoricaines.
Le chanteur entamera en novembre une tournée mondiale passant par l’Amérique latine, l’Australie et l’Europe mais pas par les États-Unis. Un choix politique assumé : inquiet du climat américain, il cite la politique d’expulsion massive des Latino-Américains menée par l’administration Trump.
Il précise que sa décision n’est pas motivée par « la haine », mais par la crainte de voir la police de l’immigration (ICE) effectuer des descentes à la sortie de ses concerts.
Nuevayol — Un choix lourd de sens
Sa participation au Super Bowl pourrait donc sembler contradictoire. En réalité, c’est un coup de maître dans le jeu d’échecs médiatique.
Déjà très critique envers Trump, Bad Bunny succède à Kendrick Lamar et s’apprête à livrer une véritable tribune anti-Trump devant près de 200 millions de téléspectateurs.
Dans son dernier clip, « Nuevayol », l’artiste mettait en scène un faux discours radiophonique de Donald Trump, dans lequel le président s’excusait auprès de « tous les immigrés des États-Unis ».
En chantant en argot portoricain, Bad Bunny saisira l’occasion de faire résonner ses paroles engagées sur l’une des plus grandes scènes médiatiques du monde, braquant la lumière sur les problématiques sociales et politiques abordées dans son album. L’artiste a confié son émotion dans un communiqué publié par la NFL : « Ce que je ressens va au-delà de ma personne. C’est pour mon peuple, ma culture et notre histoire ».


