Une atmosphère onirique émane de Nanna Strana, série photographique exposée à la Galerie VU’ du 17 au 27 septembre. Derrière l’objectif, Fiora Garenzi, l’une des cinq photographes lauréat.e.s du Mentorat de l’Agence VU’. Portrait d’une jeune artiste à l’écriture photographique singulière.
Dès l’adolescence, Fiora Garenzi capture ce qui l’entoure armée de son Reflex. Après le lycée, tout en étudiant la photographie, la géopolitique et l’histoire du monde arabe, elle se lance dans des projets documentaires personnels. La photo apparaît très vite comme une vocation chez elle, nourrie par sa passion de transmettre une histoire à travers ses images. Âgée maintenant de vingt-sept ans, la photographe explore les enjeux identitaires, communautaires et culturels au fil de son travail documentaire.
La photographe a déjà remporté des prix prestigieux dont la Bourse Laurent Troude et le Prix de la Saif Les Femmes s’exposent. Sa série Djinns et Dragons y est primée, un travail documentaire sur les enjeux écologiques, les questions de genre et d’identité au sein d’une petite île du Yemen, Socotra.

Quand elle est de retour chez elle, Fiora Garenzi ne semble jamais rater une manif’, dont elle publie les images sur son compte Instagram. Elle documente ces endroits de contestation, des rassemblements en soutien à la Palestine place de la République, à Paris où elle vit, aux regroupements antifascistes en Corse, d’où elle vient. En parallèle de ses documentaires personnels, Fiora Garenzi travaille depuis ses vingt ans pour la presse (Politis, Le Monde, Les Jours,…) et des ONG (Amnesty International, Médecins du Monde). De la Cisjordanie à l’Ukraine, en passant par Mayotte, la photoreporter arpente des territoires touchés par la guerre et les catastrophes naturelles. Elle y photographie les gens et leur intérieur avec humanité et douceur.

Montagnes vaporeuses, fumée, reflets bleutés-rosés. Avec Nanna Strana, projet sur sa Corse natale, Fiora Garenzi se plonge dans un champ plus intime, à la fois tendre et mystérieux, comme l’indique le titre de la série, que l’on pourrait traduire par « berceuse étrange ». Traditions, mythes et nature omniprésente semblent être les lignes directrices de ce travail en cours de réalisation. Les premières images exposées à la galerie VU’ promettent une série puissante et plus poétique encore que ses précédentes. De quoi donner envie de suivre de près le regard et les images de la photographe sur ce(ux) qui nous entoure.


