À l’occasion de leur tournée et de leur passage à La Cigale, le vendredi 13 novembre 2025, plongée dans l’univers singulier du groupe Astéréotypie.
Depuis la sortie de leur premier album L’énergie positive des Dieux en 2018, Astéréotypie secoue la scène post-punk française. Formé de quatre chanteurs et poètes neuroatypiques, Claire Ottaway, Yohann Goetzmann, Stanislas Carmont et Aurélien Lobjoit — et de quatre musiciens, Christophe Lhuillier, Benoît Guivarch, Arthur Gillette et Éric Dubessay, le collectif séduit un public toujours plus large et multiplie les concerts, porté par une énergie brute et une poésie hors norme.
L’histoire d’Astéréotypie débute en 2010. À l’époque, Christophe Lhuillier, musicien et éducateur spécialisé à l’Institut médico-éducatif de Bourg-la-Reine, anime des ateliers d’écriture poétique pour des jeunes présentant des troubles du spectre de l’autisme. Séduit par leur rapport instinctif et puissant aux mots, il propose de transformer leurs textes en chansons. Le projet prend forme : un groupe est né.
Certains visages du groupe vous sembleront familiers. On a pu les voir dans « Les Rencontres du Papotin », l’émission qui donne la parole à des journalistes atypiques. Parmi eux, Claire, grande fan de Sailor Moon, et Stanislas, dont la prestance scénique et la diction théâtrale inspirent souvent le cri fédérateur du public : « Stanislas président ! ». Astéréotypie, c’est une écriture sans filtre, entre poésie brute et punk viscéral. Les mots jaillissent, crus, poétiques, parfois drôles, souvent bouleversants. Stanislas s’ouvre dans un texte poignant avec Le Cachet, une réflexion frontale sur la psychiatrie et le rapport au traitement :
« C’est quoi le cachet Je vais vous le dire
C’est un médicament qui m’empêche de lire, réfléchir
Quand je prends mon médicament, je suis tout fatigué
Ça dépend de mon médicament
La pilule bleue, quand est-ce qu’on va l’arrêter?
Ça dépend si mon comportement est inadapté
Il faut l’arrêter quand on a un comportement adapté
Je suis mieux quand je suis sans
On dit soit le médicament, soit le traitement
Quand je l’ai dans mon estomac, je me sens pas bien
C’est pas bien, c’est pas bon pour la santé
Si je ne le prends pas, je mourrais à 100 ans Si je le prends, je mourrais à 30 ans
Je me sentirais bien toute ma vie »
– Le Cachet, Astéréotypie (Stanislas Carmont)
Sur scène, Astéréotypie est une déflagration d’énergie et de sincérité. Les chanteurs se relaient, chacun transformant l’espace à sa manière, avec son univers et son intensité propre. À chaque passage, la transformation est totale : celui qui prend le micro s’abandonne entièrement à la performance, dans une transe communicative, tandis que les autres attendent patiemment leur tour, assis sur scène, concentrés. La connexion avec le public est immédiate, souvent inattendue. À tout moment, le spectateur peut être invités à monter sur scène, à danser, à participer. Chez Astéréotypie, la frontière entre artistes et public s’efface, ne laissant qu’un moment de liberté, de joie et de partage.



