Casting de luxe, critique de la politique américaine et boycott par la droite conservatrice, le dernier film de Paul Thomas Anderson avait tout pour être une œuvre engagée qui marque son époque, mais il n’en est rien.
La promesse était grande, la déception l’est tout autant. Annoncé comme un film révolutionnaire, en opposition à la politique migratoire américaine et au système Trump, Une Bataille Après l’Autre de Paul Thomas Anderson tient plus du blockbuster historico-politique à la Inglorious Bastards, qu’une véritable ode au soulèvement.
Le réalisateur dresse le décor d’un groupe de révolutionnaires radical et surarmé, multipliant les attentats sur des services et administrations d’une Amérique aux mains de l’ultra droite. On découvre alors le personnage de Bob Ferguson, révolutionnaire un peu frileux incarné par un très bon Leonardo Di Caprio, qui forme avec Perfidia (Teyana Taylor) Beverly Hills, tête pensante de l’armée révolutionnaire, un couple brûlant – à la limite de la caricature.
L’espoir était là, jusqu’à la trentième minute du film et la disparition à l’écran de Perfidia, personnage le plus intéressant par sa radicalité jusqu’ici. PTA n’aura réussi à l’exploiter qu’une trentaine de minutes (bilan assez maigre face aux deux heures cinquante de visionnage) avant une ellipse qui plongera le film dans un long combat plus familial que politique, parsemé de beaux plans et de prouesses cinématographiques dont il a le secret.
En ce sens, Une Bataille Après l’Autre reste un très bon film de divertissement, drôle (parfois cartoonesque), aux personnages attachants et visuellement très réussi, mais en ce qui concerne sa dimension politique, on repassera. On peut au moins se réjouir de voir que la fascisation de la société américaine inquiète, même à Hollywood… Une bataille après l’autre finalement.


